Étienne LAMY
L’Académie française réserva ses prix littéraires des années de la Grande Guerre aux écrivains morts en soldats. « Le temps reste aux vivants pour mériter et obtenir. Elle leur préfère ceux pour lesquels le temps n’est plus et qui viennent d’achever leur tâche par le don de leur vie ». Ainsi s’adressa Étienne Lamy, Secrétaire perpétuel de l’Académie, aux Quarante, sous la Coupole de l’Institut de France, le 25 novembre 1915, lors de la séance annuelle présentant le palmarès des prix littéraires.
Les 14 décembre 1916, 20 décembre 1917, 28 novembre 1918, le même Étienne Lamy égraina la complainte d’une France meurtrie, mais victorieuse…
C’est au cours de ces années meurtrières que la langue française est devenue un bien commun, s’affranchissant de la géographie, dont la guerre elle-même avait fait fi, regroupant les uns et les autres, dans un commun malheur, « ceux que la mort allait choisir et ceux dont ce n’est pas la faute si la mort n’a pas voulu d’eux. »
Aux dialectes et patois, a suivi, peu à peu, l’éloquence, la subtilité, la précision des mots et de la pensée, devenues majeures dans l’unification de la Nation par l’essor, tout juste avant la Grande Guerre, de l’instruction et l’usage de la langue française au sein de la l’école…
Ces Rapports sont de véritables petites merveilles pour qui aime la langue française.
Bien sûr, ils expriment la douleur, la mort, le sacrifice, mais aussi la vaillance et le don de soi ; tout ce qui contribue à ce que doit être une Nation, quelle que soit celle-ci.
Nul doute cependant, qu’au-delà de son aspect guerrier tout emprunt de douleur et d’héroïsme, la lecture de ces ouvrages que nous vous proposons à la lecture, vous apportera la sensation délicieuse de l’ineffable.
Ces quatre discours sont également édités, en un seul volume, dans la collection Sublime dévouement, afin qu’ils trouvent leur juste place dans le mausolée qu’est la mémoire de tous ceux morts au combat, de ceux qui ont survécu, blessés dans leur corps ou leur âme, de toutes ces familles défaites, meurtries et endeuillées à jamais.
La Poste française a rendu hommage à quatre grandes figures de la littérature et de l’histoire, toutes marquées par le destin tragique de la Première Guerre mondiale, à travers différentes émissions de timbres commémoratifs. Quatre d’entre eux furent donc honorés, ensuite, au nom de tous, écrivain-soldat ou soldat-écrivain, par l’émission d’un timbre commémoratif. Ainsi, la présence, en couverture, de Charles Péguy, Louis Pergaud, du colonel Émile Driant et de Guillaume Apollinaire.